
Votre gazon synthétique mérite une base solide. Le gravier assure deux fonctions critiques : évacuer l’eau de pluie et créer une surface parfaitement stable sous vos pas. Sans cette couche, le sol travaille, se tasse, et votre pelouse artificielle ondule comme une mer agitée.
Ce guide vous donne les repères techniques précis pour réussir votre préparation de sol. Granulométrie adaptée, quantité à commander, ordre des couches : vous saurez exactement quoi faire avant de dérouler le premier mètre de gazon.
3 à 5 cm de gravier concassé 0/4 ou 0/6, compacté à la plaque vibrante, posé sur un géotextile anti-remontées.
3 à 5 cm de gravier : l’épaisseur qui garantit stabilité et drainage
Cette fourchette n’est pas arbitraire. Elle résulte d’un équilibre entre capacité drainante et résistance au tassement. En dessous de 3 cm, la couche ne supporte pas les contraintes de passage répété. Au-delà de 5 cm, vous dépensez plus sans bénéfice réel pour un usage résidentiel.
Selon le DTU 52.1 du CSTB, les sols extérieurs nécessitant drainage imposent une couche de désolidarisation drainante d’au minimum 2 cm de granulat. Pour un gazon synthétique soumis à un usage familial régulier, les professionnels recommandent de doubler cette épaisseur minimale.

Le gravier concassé remplit un rôle double. Ses arêtes anguleuses s’imbriquent les unes dans les autres lors du compactage, créant une surface monolithique qui ne bougera plus. Les interstices entre les grains permettent à l’eau de s’infiltrer vers le sol naturel sans stagner en surface.
Mon conseil sans détour : ne descendez jamais sous 3 cm d’épaisseur, même sur un sol apparemment stable. Le terrain travaille avec les saisons, gèle en hiver, sèche en été. Une couche trop fine ne pardonne pas ces mouvements.
L’épaisseur idéale dépend aussi de votre type de sol. Sur terrain argileux, visez plutôt 5 cm pour compenser la rétention d’eau naturelle. Sur sol sableux bien drainant, 3 cm suffisent généralement. C’est une question de bon sens.
Quel gravier choisir et comment bien le poser
La granulométrie fait toute la différence entre un résultat professionnel et un échec prévisible. Le gravier 0/4 (grains de 0 à 4 mm) représente le standard pour les poses de gazon synthétique en jardin. Le 0/6 convient également, avec des grains légèrement plus gros offrant un drainage encore meilleur.
Le récapitulatif ci-dessous compare les trois granulométries courantes selon leur aptitude au compactage et leur usage recommandé. Ces informations vous permettent de faire le bon choix dès la commande chez votre négoce de matériaux.
| Type gravier | Granulométrie | Drainage | Compactabilité | Usage recommandé |
|---|---|---|---|---|
| Concassé 0/4 | 0-4 mm | Excellent | Excellente | Standard jardin résidentiel |
| Concassé 0/6 | 0-6 mm | Très bon | Très bonne | Sol argileux, forte pluviométrie |
| Tout-venant 0/20 | 0-20 mm | Moyen | Moyenne | Sous-couche profonde uniquement |

La pose commence toujours par le géotextile pour gravier sous gazon synthétique. Cette membrane empêche les remontées de terre dans votre couche drainante et limite la pousse des mauvaises herbes. Prévoyez un recouvrement de 20 cm entre chaque lé.
Dans les retours clients que je traite, l’erreur la plus fréquente reste une épaisseur de gravier insuffisante. Beaucoup posent 2 cm en pensant économiser, puis constatent un affaissement du gazon après 6 à 12 mois. Ce constat concerne principalement les sols argileux ou mal drainés. La fréquence peut varier selon la nature du sol et la pluviométrie de votre région.
Cas concret : pose DIY région Rhône-Alpes
Selon les conseils pratiques Azurio Gazon 2025, si l’épaisseur de gravier dépasse 5 cm, il faut ramener la couche à moins de 5 cm ou opter pour la technique du mille-feuilles avec géotextile intermédiaire.
Les erreurs qui ruinent votre installation en moins d’un an
Certaines erreurs sont fatales. Le guide pratique Gamm Vert le confirme : les galets ronds sont à proscrire absolument car impossibles à compacter. Leurs formes lisses glissent les unes sur les autres au lieu de s’imbriquer. Le résultat ? Une surface instable qui se déforme dès les premières semaines.
L’absence de compactage représente la deuxième cause d’échec que je constate sur le terrain. Épandre le gravier ne suffit pas. Sans passage à la plaque vibrante, la couche se tasse de façon irrégulière sous le poids des passages. Des creux apparaissent, le gazon gondole. La location d’une plaque vibrante coûte environ 50 € la journée. C’est non négociable.
Pour un jardin de 40 m², comptez généralement . Jour 1 : décaissement 10-15 cm et évacuation de la terre. Jour 2 : pose géotextile, épandage gravier, compactage et pose du gazon synthétique. Cette chronologie suppose une météo favorable et un sol standard sans surprise.
Oublier le géotextile de séparation entre le sol naturel et le gravier condamne votre installation. La terre remonte progressivement dans la couche drainante, colmate les interstices, et l’eau stagne. Deux ans plus tard, vous avez une mare à chaque averse. L’économie de 50 € sur le géotextile vous coûtera 500 € de reprise complète.
Pour réussir votre projet d’aménagement extérieur d’un jardin fonctionnel, respectez scrupuleusement l’ordre des couches et les épaisseurs recommandées. Aucun raccourci ne fonctionne sur le long terme.
Vérifications avant pose du gazon synthétique
- Décaissement effectué sur 10 à 15 cm de profondeur
- Géotextile anti-remontées posé avec recouvrement 20 cm entre lés
- Gravier concassé 0/4 ou 0/6 étalé sur 3 à 5 cm
- Compactage terminé à la plaque vibrante après humidification
- Planéité vérifiée à la règle de maçon